« Ensemble, SPAC Alliance et le GPMSE pourrons mieux anticiper les réglementations européennes, contribuer aux travaux de normalisation, promouvoir des standards ouverts comme SSCP et défendre une approche européenne fondée sur l’interopérabilité et la souveraineté numérique. »
Patrick Lanzafame - Président du GPMSE
Pouvez-vous nous présenter le GPMSE, ses missions et les métiers qu’il représente ?
Le GPMSE est l’organisation professionnelle représentative des acteurs de la sécurité électronique et numérique en France. Créé sous sa forme actuelle en 1998, dans le prolongement d’une représentation de la profession engagée dès 1979, il fédère aujourd’hui 145 entreprises adhérentes, plus de 250 établissements, qui représentent 16 200 salariés et environ un milliard d’euros de chiffre d’affaires.
Nos membres couvrent toute la chaîne de valeur : installation et maintenance des systèmes de sécurité, télésurveillance, vidéoprotection, contrôle d’accès, téléservices et technologies numériques.
Notre mission est à la fois de rassembler la profession, de défendre ses intérêts auprès des pouvoirs publics et de l’accompagner dans ses transformations. Nous informons nos adhérents sur les évolutions réglementaires, normatives, sociales et technologiques, tout en valorisant leurs métiers, leurs savoir-faire et leur éthique professionnelle.
Le GPMSE est aussi un lieu d’échanges et de réflexion collective qui permet à la filière d’anticiper les grands enjeux de demain, notamment l’intelligence artificielle, la cybersécurité, l’IoT et les nouveaux usages de la donnée.
Quel est l’intérêt, pour le GPMSE, de rejoindre SPAC Alliance ?
Ce partenariat répond à une convergence de plus en plus forte entre la sécurité électronique et la cybersécurité. Les équipements sont désormais connectés aux réseaux d’entreprise, au cloud et à de nombreux services numériques : la protection des communications et des données devient donc indissociable de la sécurité physique.
Le GPMSE représente principalement les installateurs, les intégrateurs et les sociétés de télésurveillance, tandis que SPAC Alliance réunit des industriels, des éditeurs, des organismes institutionnels et des experts en cybersécurité. Cette complémentarité nous permet de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur et de partager nos expertises. Ensemble, nous pourrons mieux anticiper les réglementations européennes, contribuer aux travaux de normalisation, promouvoir des standards ouverts comme SSCP et défendre une approche européenne fondée sur l’interopérabilité et la souveraineté numérique.
Pour nos adhérents, ce partenariat doit également se traduire par des bénéfices concrets : une information plus opérationnelle, l’accès à des groupes de travail techniques, le développement de formations et une meilleure préparation aux exigences de cybersécurité des marchés publics comme privés.
Quels bénéfices le protocole SSCP peut-il apporter au marché de la sécurité ?
SSCP apporte tout d’abord un niveau de cybersécurité renforcé aux communications entre les équipements. L’authentification mutuelle, le chiffrement et la protection de l’intégrité des messages permettent notamment de mieux prévenir les interceptions, les modifications de données ou les attaques par rejeu. Mais son intérêt va au-delà de la seule sécurité des échanges.
En proposant un standard ouvert, SSCP favorise l’interopérabilité entre les équipements de différents fabricants et limite la dépendance des utilisateurs à des solutions propriétaires. Les installations peuvent ainsi évoluer plus facilement, être maintenues plus durablement et intégrer de nouveaux usages, qu’il s’agisse du contrôle d’accès, de l’intrusion, de la vidéoprotection, de l’interphonie ou des objets connectés.
Dans un contexte réglementaire de plus en plus exigeant, ce protocole contribue donc à construire des systèmes plus sûrs, plus ouverts et plus pérennes, tout en soutenant un écosystème technologique européen souverain.
Quelle place la formation doit-elle occuper dans une trajectoire associant sécurité électronique, services et conformité ?
La formation est un pilier essentiel, car elle fait le lien entre l’évolution des technologies, la qualité des services et la conformité. Avec le développement de l’IP, du cloud, de l’IoT, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité, les métiers évoluent rapidement.
Les installateurs, techniciens, intégrateurs et opérateurs de services à distance doivent acquérir de nouvelles compétences et les actualiser tout au long de leur parcours professionnel. C’est précisément la vocation de GPMSE Formation, notre organisation dédiée aux systèmes de sécurité électronique et aux services associés, notamment la télésurveillance, la vidéoprotection et les téléservices.
La formation permet non seulement de maîtriser les nouvelles architectures techniques, mais aussi d’intégrer les exigences réglementaires et les bonnes pratiques de cybersécurité dans les activités quotidiennes. Elle ne doit donc plus être considérée comme une simple obligation : c’est un investissement stratégique qui sécurise les pratiques, accélère l’innovation, valorise les compétences et renforce durablement la confiance des clients.
Comment faut-il considérer les normes et les certifications sur le marché de la sécurité ?
Les normes et les certifications ne doivent pas être perçues comme de simples contraintes administratives. Elles constituent des leviers de confiance, de qualité et de compétitivité pour l’ensemble du marché. Les normes définissent un socle commun de performance, de fiabilité et de sécurité ; les certifications apportent, quant à elles, une validation indépendante de la conformité d’un produit, d’un service ou d’une entreprise. Elles rassurent ainsi les clients, les assureurs et les donneurs d’ordre, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de sites sensibles ou d’infrastructures critiques.
Elles jouent également un rôle essentiel en matière d’interopérabilité, car elles facilitent l’intégration d’équipements de différents fabricants et évitent l’enfermement dans une solution propriétaire.
Enfin, dans un environnement marqué par NIS2, le Cyber Resilience Act et le développement des équipements connectés, elles fournissent un cadre reconnu pour démontrer la conformité et renforcer la cybersécurité.
Elles deviennent ainsi un véritable langage commun entre fabricants, intégrateurs, exploitants, organismes de certification et pouvoirs publics, mais aussi un avantage déterminant pour accéder aux appels d’offres et valoriser le professionnalisme des entreprises.
